Un dimanche de novembre, un degré au-dessus de zéro. La plancha s’allume normalement, chauffe une dizaine de minutes, puis la flamme baisse toute seule sans que personne n’ait touché au bouton. On secoue la bouteille : elle est lourde, elle est pleine. On change le tuyau, on remonte le détendeur, on jure. Et le mois suivant, à quinze degrés, le même appareil fonctionne parfaitement.
Rien n’était cassé. Butane ou propane, sur une terrasse, la question ne se joue pas sur le prix du kilo ni sur la marque de la consigne : elle se joue sur une seule donnée physique, la température à laquelle le gaz liquéfié cesse de se vaporiser. Le reste — la pression, le détendeur, le lieu de stockage, le format de la bouteille — n’en est que la conséquence.
Butane ou propane sur une terrasse : la température qui commande tout
Les deux gaz sortent de la même famille, celle des gaz de pétrole liquéfiés. Ils libèrent une énergie très voisine au kilogramme, autour de 12,7 kWh. Ils brûlent de la même façon, avec la même flamme bleue. Ils sont tous deux plus lourds que l’air. À la cuisson, et c’est important de le dire d’emblée, ils ne donnent aucun goût différent et aucune performance différente.
Ce qui les sépare tient dans une ligne de fiche technique : la température d’ébullition à pression atmosphérique. La base CarAtex de l’INRS donne environ −1 °C pour le butane et −42,3 °C pour le propane.
Traduit en terrasse : en dessous de son seuil, le liquide contenu dans la bouteille ne bouillonne plus. Il reste du gaz dedans, la bouteille pèse son poids, mais il n’y a plus de pression pour le pousser vers le brûleur. Aucun détendeur, aucun tuyau neuf, aucune manipulation ne corrige ça — ce n’est pas une panne, c’est une propriété du produit.
La même ligne explique la seconde différence, celle qui décide du matériel. La pression de vapeur du butane est de l’ordre de 2 bar, celle du propane approche les 9 bar d’après les mêmes fiches. C’est un rapport de un à quatre, et c’est pourquoi les bouteilles, les raccords et surtout les détendeurs ne sont pas les mêmes.
Autrement dit, la question « butane ou propane » n’est pas une question de goût ni de budget. C’est une question de calendrier d’usage, et elle se tranche avant d’acheter le détendeur.
Idéal pour : Alimenter un appareil de terrasse toute l'année
Détendeur propane 37 mbar à sécurité
- La pression de sortie est imprimée sur le corps : aucune ambiguïté au montage
- Le modèle à sécurité coupe le débit si le tuyau est arraché
- Monté sur du propane, il fonctionne du mois d'août au mois de janvier sans y penser
Le défaut : Il ne va que sur du propane, et c'est tout l'enjeu : acheté « au cas où » et monté un jour sur une bouteille de butane, il envoie à l'appareil une pression supérieure à celle pour laquelle il est réglé. Ce n'est pas une pièce qu'on garde en double dans un placard sans l'étiqueter.
Budget indicatif
Quelques dizaines d'euros — indicatif
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Ce qui se passe dans la bouteille quand le brûleur tire
Une bouteille de gaz n’est pas un réservoir de gaz comprimé. C’est un réservoir de liquide en équilibre avec sa propre vapeur, et c’est cette vapeur, et elle seule, qui part dans le tuyau.
Quand le brûleur consomme, la pression au-dessus du liquide baisse. L’équilibre est rompu, une partie du liquide se vaporise pour la rétablir, et le cycle se poursuit tant qu’il reste du liquide. C’est pour cette raison qu’une bouteille de gaz affiche la même pression presque jusqu’à la fin : la pression ne dit pas le niveau, elle dit la température.
Et cette vaporisation a un coût énergétique. Pour passer de l’état liquide à l’état gazeux, le gaz prélève de la chaleur à ce qui l’entoure — le liquide restant, puis l’acier de la bouteille. La bouteille se refroidit donc pendant que vous cuisinez, et le givre qui apparaît sur son flanc marque exactement le niveau du liquide à l’intérieur.
Deux conséquences pratiques, que le seuil de −1 °C ne laisse pas deviner.
La première : une bouteille de butane peut s’arrêter bien avant que l’air n’atteigne zéro. Par trois ou quatre degrés, un appareil qui tire fort refroidit son flanc sous le seuil, et la flamme meurt alors que le thermomètre de la terrasse est resté positif.
La seconde : une bouteille presque vide lâche plus tôt qu’une bouteille pleine. Moins de liquide, c’est moins de surface d’évaporation et moins de masse pour encaisser le refroidissement. Le fond de bouteille sort mal en hiver, et cela explique une bonne partie des « bouteilles défectueuses » rapportées au revendeur.
Le seuil de vaporisation
La température où une bouteille arrête de donner du gaz
← Glissez pour voir les deux bouteilles →
Les deux seuils sont des données publiées. Le nombre de bulles et la hauteur de flamme sont une représentation du débit disponible, pas une mesure.
Un mot qui a sa place ici plutôt qu’ailleurs : on ne réchauffe pas une bouteille. Ni flamme, ni décapeur, ni radiateur soufflant posé contre le flanc, ni couverture chauffante bricolée. Tout cela augmente la pression intérieure d’un récipient dimensionné pour une plage donnée, et l’INRS consacre une brochure entière aux risques et aux précautions d’usage des bouteilles de gaz. La bonne réponse au froid est le propane, pas la chaleur.
Le relevé à faire chez vous, et quelle bouteille il impose
Deux chiffres suffisent, et aucun des deux ne se trouve dans un catalogue.
La température minimale de l’endroit où la bouteille passe la nuit. Pas celle de la météo du jour, celle du coin de terrasse, du coffre, du bout du garage. Un thermomètre à mémoire du minimum coûte le prix d’un paquet de charbon et répond en une semaine.
Les mois où vous cuisinez vraiment dehors. Ceux de l’an dernier, pas ceux que vous vous promettez. Si la liste s’arrête en septembre, le butane est un choix défendable. Si elle contient novembre, février ou le réveillon, elle désigne le propane sans discussion.
De ces deux chiffres découle un troisième, et c’est le seul qui soit une contrainte matérielle : le format que vous pouvez manipuler. Les six kilos se portent d’une main, les treize se déplacent à deux mains sur une courte distance, et les trente-cinq kilos — qui n’existent qu’en propane — pèsent plus de soixante kilos pleins et se déplacent sur un chariot. Une bouteille qui ne peut pas monter sur votre terrasse n’est pas une option, quel que soit son prix au kilo.
Un cas mérite d’être traité à part, parce qu’il se résout par le règlement avant de se résoudre par la physique : le balcon. La copropriété y a son mot à dire, et le stockage d’une bouteille dans un logement ou sur ses dépendances ne relève pas du bon sens mais d’un texte — l’arrêté du 2 août 1977 fixe les règles techniques et de sécurité des installations de gaz combustible et d’hydrocarbures liquéfiés à l’intérieur des bâtiments d’habitation. C’est aussi pour cette raison que l’article consacré au barbecue électrique de balcon conclut qu’en appartement, l’électrique règle une question que le gaz rouvre.
Où la bouteille passe la nuit : stockage, ventilation, hors gel
Les deux gaz sont plus lourds que l’air : les fiches INRS donnent une densité de vapeur d’environ 2,1 pour le butane et 1,6 pour le propane. Une fuite ne monte donc pas et ne se dissipe pas d’elle-même — elle descend et elle s’accumule au point le plus bas.
Toute la règle de stockage sort de là, et elle n’a rien d’arbitraire.
Jamais en sous-sol, jamais dans une fosse, jamais dans un regard. C’est l’endroit exact où une fuite irait se rassembler, et où rien ne la chasserait.
Jamais dans un coffre étanche sans aération basse. Un coffre ferme la pluie dehors, c’est son intérêt. S’il ferme aussi l’air, il devient le point bas de l’histoire précédente. Une aération en partie basse, du côté opposé à l’appareil, est la différence entre un rangement et un piège.
Debout, robinet fermé, capuchon en place, à l’ombre. Debout parce que le détendeur est fait pour recevoir de la vapeur et non du liquide ; à l’ombre parce que le soleil direct fait monter la pression intérieure sans rien apporter.
À distance de l’appareil en marche. Une bouteille ne se glisse pas sous un plan de cuisson ni derrière un four qui chauffe. Si votre cuisine d’extérieur est en projet, c’est une contrainte d’implantation au même titre que l’arrivée d’eau : la méthode pour l’intégrer au plan avant de couler quoi que ce soit est dans l’article sur l’implantation d’une cuisine d’été, et la logique des réseaux est détaillée dans le guide de l’aménagement d’une cuisine extérieure.
Reste le mot « hors gel », qui prête à confusion. Une bouteille de gaz ne craint pas le gel : il n’y a pas d’eau dedans. Ce qui craint l’hiver, c’est le seuil de vaporisation du butane d’un côté, et le vieillissement du tuyau et du détendeur de l’autre — UV l’été, froid l’hiver. Le reste du matériel de la terrasse, lui, demande les précautions réunies dans l’article sur l’hivernage et l’entretien d’un barbecue.
Idéal pour : Abriter une ou deux bouteilles sans les enfermer
Coffre de rangement extérieur pour bouteille de gaz
- Met les bouteilles à l'abri de la pluie, du soleil direct et des regards
- Range au même endroit le détendeur de rechange et la clé
- Un modèle sur pieds évite le contact permanent avec une dalle humide
Le défaut : Beaucoup de modèles sont vendus comme « étanches », ce qui est exactement ce qu'il ne faut pas pour du gaz : vérifiez qu'il existe une aération en partie basse, et n'en fermez jamais une avec du mastic pour « améliorer » l'abri. Un coffre en résine fine finit aussi par se fendre au gel.
Budget indicatif
Quelques dizaines à quelques centaines d'euros selon la matière — indicatif
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Le détendeur et le tuyau : ce qui ne s’improvise pas
Entre la bouteille et le brûleur, il y a deux pièces peu coûteuses qui décident de tout le reste.
Le détendeur ramène la pression de la bouteille, de l’ordre de quelques bars, à celle que l’appareil attend : quelques dizaines de millibars. Sur le marché français, les détendeurs de terrasse sont réglés à 28 à 30 millibars pour le butane et 37 millibars pour le propane, valeur imprimée sur le corps de la pièce. La famille de matériel correspondante — détendeurs et inverseurs à pression de détente maximale de 4 bar — fait l’objet de la norme NF EN 16129, qui couvre le butane, le propane et leurs mélanges sur une plage de −20 °C à +50 °C.
Un détendeur est réglé pour un gaz et un seul. C’est le point sur lequel il n’y a rien à arbitrer, et le schéma ci-dessous existe pour qu’on puisse fabriquer soi-même l’appariement interdit et voir ce qu’il donne.
Le tuyau, lui, est la seule pièce de la chaîne qui porte une date limite imprimée. Elle se respecte au calendrier et non à l’usure visible, parce que le caoutchouc durcit de l’intérieur : un tuyau qui a l’air neuf peut être hors d’âge. Il reste court, visible sur tout son trajet, jamais coincé derrière un appareil chaud ni enfermé dans un caisson. Le contrôle d’étanchéité se fait à l’eau savonneuse, et jamais à la flamme.
Schéma interactif
De la bouteille au brûleur : les cinq maillons, et le seul appariement interdit
Changez le gaz, puis changez le détendeur indépendamment : la chaîne vous dira ce que donne un couple qui ne va pas ensemble. Chaque maillon s'ouvre au clic ou au clavier.
← Glissez pour voir toute la chaîne →
Le gaz dans la bouteille
Le détendeur monté dessus
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Idéal pour : La pièce qui se remplace à la date, pas à l'usure
Tuyau de gaz flexible homologué et ses colliers
- La date limite est imprimée dessus : plus besoin de deviner son âge
- Les versions à embouts mécaniques se montent sans collier et sans outil
- Remplacement de cinq minutes, pour la pièce la plus critique de la chaîne
Le défaut : Les raccords ne sont pas universels — pas de vis, diamètre, type d'embout —, et commander sans avoir regardé les deux extrémités à relier est l'erreur de panier la plus fréquente sur ce produit. Un tuyau trop long est aussi un défaut : il traîne, il chauffe et il se coince.
Budget indicatif
Une poignée d'euros — indicatif
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Idéal pour : Un usage de belle saison, sur une terrasse qui ne gèle pas
Détendeur butane 28 mbar à sécurité
- Pression de sortie marquée sur la pièce, montage sans ambiguïté
- Modèle à sécurité disponible dans la même gamme de prix que l'ordinaire
- Suffit parfaitement si l'appareil ne sort que de mai à septembre
Le défaut : Il ne sert plus à rien le jour où vous passez au propane, et il ne faut surtout pas le réutiliser en l'état. Si vous hésitez encore entre les deux gaz, c'est l'achat qu'il vaut mieux différer d'une semaine, le temps de relever la température nocturne de l'endroit où dormira la bouteille.
Budget indicatif
Quelques dizaines d'euros — indicatif
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L’autonomie d’une bouteille, et le piège du calcul au kilo
Trois raccourcis circulent sur l’autonomie, et les trois coûtent de l’argent.
Comparer le prix au kilo. Les deux gaz libèrent presque la même énergie par kilogramme : un kilo de propane et un kilo de butane font à peu de chose près le même nombre de cuissons. Le prix au kilo est donc une information valide — mais elle arrive très loin derrière la question du seuil, et elle ne justifie jamais de prendre le gaz qui ne fonctionnera pas en novembre.
Prendre le plus gros format « parce que c’est plus rentable au kilo ». C’est arithmétiquement vrai et pratiquement faux dès que personne ne peut déplacer la bouteille. Un format qui dort au fond du garage parce qu’il est trop lourd ne rend aucun service.
Croire qu’une bouteille de 13 kg « tient une saison ». Elle ne tient rien en soi : elle tient ce que votre appareil consomme. Le calcul est direct et ne demande aucune donnée extérieure — la puissance totale est sur la plaque de l’appareil, multipliez par la durée d’une cuisson, divisez par 12,7 kWh par kilogramme, et vous avez la masse par cuisson. Un appareil de 9 kW pendant deux heures, c’est environ 1,4 kg, donc neuf cuissons dans une bouteille de 13 kg.
Reste le produit qu’il faut écarter franchement : tout ce qui se vend pour faire fonctionner du butane en hiver. Housses chauffantes bricolées, coussins chauffants, adaptateurs présentés comme universels, tapis de chauffe détournés d’un autre usage : le problème qu’ils prétendent régler est un seuil thermodynamique, et la réponse à un seuil thermodynamique s’appelle le propane. Elle coûte une consigne et un détendeur, c’est-à-dire moins que la plupart de ces accessoires.
L'autonomie, en soirées
Votre bouteille, découpée en soirées de cuisson
Format de bouteille
Ce chiffre est sur la plaque de votre appareil ou dans sa notice, brûleurs additionnés. Ne l'estimez pas : lisez-le.
← Glissez pour voir toute la bouteille →
Calcul direct : puissance × durée × 12,7 kWh par kilogramme. Les tranches sont égales ; une cuisson réelle ne tire pas tous les brûleurs à fond du début à la fin, donc le compte est un plancher.
Idéal pour : Savoir ce qu'il reste dans la bouteille, au kilo près
Peson numérique à crochet
- Poids relevé moins la tare imprimée sur la collerette : le gaz restant, directement
- Évite la bouteille de secours achetée par précaution et jamais utilisée
- Sert ensuite à peser un sac de charbon, une pièce de viande ou un bagage
Le défaut : Il faut soulever la bouteille, ce qui exclut le format de 35 kg et devient pénible sur un 13 kg. Et les modèles à bas prix dérivent de quelques centaines de grammes : suffisant pour savoir s'il reste trois cuissons, pas pour arbitrer au gramme.
Budget indicatif
Une quinzaine d'euros — indicatif
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Quand la température ne suffit plus à choisir
Il arrive que le paramètre ne tranche pas : une terrasse qui ne descend jamais sous cinq degrés, une saison de cuisson qui s’arrête en octobre, un appareil rangé l’hiver. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, les deux gaz fonctionnent, et trois critères secondaires reprennent la main.
Ce pour quoi l’appareil est réglé. Sa plaque le dit. Beaucoup de modèles vendus en France acceptent les deux gaz à condition de monter le jeu d’injecteurs correspondant, mais cette opération n’existe que si le fabricant l’a prévue et documentée. L’écart de pression entre les deux gaz n’est pas un détail d’ajustement, et une flamme qui a l’air correcte ne prouve pas une combustion correcte.
Le format, et qui va le porter. Voir plus haut : c’est la contrainte qui a le dernier mot plus souvent qu’on ne le pense.
La disponibilité près de chez vous. Un gaz qu’on ne trouve pas à dix minutes en hiver est un mauvais choix, quelle que soit sa fiche technique.
Et un cas de figure qui mérite d’être nommé, parce qu’il règle la question autrement : si l’appareil reste au même endroit toute l’année et que vous cuisinez souvent, le gaz n’est pas forcément le bon combustible. La comparaison entre les familles d’appareils, gaz compris, est reprise dans le guide pour choisir son barbecue, et l’arbitrage propre à la plancha — où le choix du combustible change la montée en température plus que le reste — est traité dans l’article plancha gaz ou électrique.
Ce que je garde derrière le muret, et ce que je laisse au revendeur
Deux bouteilles de propane en rotation, debout derrière un muret bas, côté nord, avec une aération au ras de la dalle. Un détendeur 37 mbar à sécurité sur celle en service, un tuyau dont la date est notée au marqueur sur le muret lui-même, et un peson accroché au mur à côté. C’est tout, et ça n’a pas bougé depuis que la question du butane a été réglée pour de bon un dimanche de novembre.
Ce qui reste chez le revendeur, en revanche, mérite d’être dit : le détendeur butane devenu inutile, qui part avec la bouteille plutôt que de finir dans un tiroir où quelqu’un le retrouvera dans trois ans sans savoir pour quel gaz il était réglé. Une pièce de gaz orpheline et non étiquetée est une erreur en attente.
Reste la question que le choix du gaz ne règle pas et qui décide de plus de soirées que lui : la place que l’appareil occupe, et la distance entre cet appareil et le plan de travail où l’on dépose les plats. Elle se tranche sur le plan, avant la première livraison de gaz, et le guide de l’aménagement d’une cuisine extérieure la prend dans l’ordre.
Questions fréquentes
- Butane ou propane pour une terrasse : lequel choisir ?
- Le propane dès que vous cuisinez par temps froid, le butane si votre saison s'arrête aux premières gelées. Un seul chiffre commande ce choix : la température à laquelle le gaz liquéfié cesse de se vaporiser, soit environ −1 °C pour le butane et −42 °C pour le propane. En dessous de son seuil, une bouteille pleine ne donne plus rien, et aucun réglage ne rattrape cela. Tout le reste en découle — la pression dans la bouteille, le détendeur qu'il faut, et le fait que le propane se stocke obligatoirement dehors. Si vous ne cuisinez qu'en belle saison et que la bouteille passe la nuit à l'abri, le butane suffit.
- À quelle température le butane cesse-t-il de fonctionner ?
- Autour de 0 °C, et la bouteille s'arrête avant l'air. Sa température d'ébullition à pression atmosphérique est d'environ −1 °C : en dessous, le liquide ne bouillonne plus et il n'y a plus de pression pour pousser le gaz vers le brûleur. Mais le phénomène commence plus haut, parce que la vaporisation refroidit la bouteille elle-même. Par 3 ou 4 °C, un appareil qui tire fort peut faire descendre le flanc de la bouteille sous le seuil et provoquer une extinction, alors que le thermomètre de la terrasse, lui, est resté positif. Une bouteille presque vide y arrive plus vite qu'une bouteille pleine.
- Peut-on mettre un détendeur butane sur une bouteille de propane ?
- Non, et c'est l'erreur la plus coûteuse de tout le sujet. Un détendeur est réglé pour un gaz et une pression de sortie : de l'ordre de 28 à 30 millibars pour le butane, 37 millibars pour le propane, et la valeur est imprimée sur le corps de l'appareil. Un appariement croisé délivre à l'appareil une pression qu'il n'attend pas, avec une combustion dégradée dans un sens et une pièce sollicitée au-delà de son marquage dans l'autre. Les raccords ne sont d'ailleurs pas toujours compatibles entre les deux gaz, et quand ils ne le sont pas, c'est une sécurité et non une contrainte.
- Où stocker une bouteille de gaz pour une cuisine d'extérieur ?
- Dehors, debout, robinet fermé, à l'ombre, et avec une ventilation au point bas du rangement. Les deux gaz sont plus lourds que l'air — leur densité de vapeur est de l'ordre de 2,1 pour le butane et 1,6 pour le propane —, donc une fuite ne monte pas et ne se dissipe pas : elle s'accumule au niveau du sol. C'est ce qui interdit le sous-sol, la fosse, le regard et le coffre étanche sans aération basse. Le propane, en particulier, est destiné à un usage extérieur. Un coffre ventilé, posé à distance de l'appareil en marche, est le bon compromis entre l'abri et la circulation d'air.
- Combien de temps dure une bouteille de 13 kg sur un barbecue à gaz ?
- Cela ne dépend pas du gaz mais de votre appareil, et le calcul est direct. Butane et propane libèrent une énergie très voisine au kilogramme, autour de 12,7 kWh : un brûleur de 1 kW consomme donc de l'ordre de 80 grammes par heure. Relevez la puissance totale sur la plaque de l'appareil, multipliez par la durée d'une cuisson, divisez par 12,7, et vous avez la masse par cuisson. Un appareil de 9 kW utilisé deux heures consomme environ 1,4 kg, soit neuf cuissons dans une bouteille de 13 kg. C'est un plancher : on ne tient jamais tous les brûleurs à fond du début à la fin.
- Pourquoi ma bouteille devient-elle froide et givrée pendant la cuisson ?
- Parce que la vaporisation prélève de la chaleur. Pour passer de l'état liquide à l'état gazeux, le gaz a besoin d'énergie, et il la prend à ce qui l'entoure — c'est-à-dire au liquide restant et à l'acier de la bouteille. Plus vous tirez de débit, plus elle se refroidit, et le givre qui apparaît sur son flanc marque le niveau du liquide à l'intérieur. Ce n'est pas un défaut, c'est de la physique. Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est réchauffer une bouteille avec une flamme, un décapeur ou un appareil de chauffage : on règle ça en descendant le débit ou en passant au propane.
- Faut-il changer les injecteurs pour passer du butane au propane ?
- Souvent oui, et seulement si le fabricant l'a prévu. La plaque de l'appareil indique le gaz et la pression pour lesquels il est réglé ; beaucoup de modèles vendus en France acceptent les deux à condition de monter le jeu d'injecteurs correspondant, fourni ou disponible en pièce détachée. Si la notice ne décrit pas l'opération, elle n'existe pas pour cet appareil, et on ne l'improvise pas : un injecteur mal dimensionné donne une flamme qui a l'air correcte et une combustion qui ne l'est pas. En cas de doute, la question se pose au revendeur de l'appareil, pas au revendeur de gaz.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je cuisine dehors toute l'année, y compris en février, et j'ai fait à peu près toutes les erreurs possibles avant d'écrire quoi que ce soit : le premier barbecue posé au mauvais endroit du jardin, la cuisine d'été chiffrée sans penser à l'évacuation, le brisket sorti trop tôt. Ce site rassemble ce que j'ai testé, mesuré au thermomètre et fait chiffrer. Je ne suis ni cuisinier professionnel ni maçon : dès qu'on touche à la structure, au gaz ou à l'électricité, je renvoie à quelqu'un dont c'est le métier.
- Je teste avant d'écrire, ou je dis clairement que je n'ai pas testé.
- Je nomme ce qui ne vaut pas son prix, y compris quand ça se vend très bien.
- Les températures sont données au thermomètre, jamais au ressenti.
- Structure, gaz, électricité : je m'arrête et je renvoie à un professionnel.
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