Deux affirmations, toutes les deux exactes, et impossibles à tenir ensemble.
La première : un brasero extérieur dégage une chaleur considérable, au point qu’on ne peut pas rester à moins d’un mètre quand le feu est établi. La seconde : reculez de trois mètres et vous aurez froid, exactement comme s’il n’y avait rien.
Les avis publiés sur les braseros parlent presque tous de la première et jamais de la seconde. Ils comparent des diamètres, des épaisseurs de tôle et des finitions, et concluent sur un classement. Or la question que se pose réellement quelqu’un devant un rayon — est-ce que ça va tenir ma terrasse en octobre, et combien ça va me coûter chaque année — n’est pas une question de classement. C’est une question de géométrie et de consommable.
Ce qu’un brasero extérieur chauffe, et sur quel rayon
Un foyer ouvert transmet sa chaleur de trois façons, et une seule vous concerne.
La convection — l’air chaud — part droit vers le ciel. Elle ne chauffe personne, elle chauffe le vide au-dessus du foyer. La conduction ne concerne que ce qui touche le métal. Reste le rayonnement, qui voyage en ligne droite depuis les braises jusqu’à ce qu’il rencontre une surface.
C’est ce rayonnement que vous sentez sur le visage et sur les jambes. Il a deux propriétés désagréables et parfaitement prévisibles. Il ne contourne rien : ce qui est masqué par un dossier de chaise, une table ou votre propre dos ne reçoit rien. Et il décroît vite avec la distance, bien plus vite qu’on ne l’imagine.
D’où la sensation que tout le monde connaît autour d’un brasero : brûlant devant, glacé derrière. Ce n’est pas un défaut d’appareil, c’est la physique du procédé, et aucun modèle ne la corrige.
Ce que cela change concrètement, c’est le critère d’achat. On n’achète pas de la puissance, on achète un rayon utile — la distance à laquelle on peut encore s’asseoir confortablement. Ce rayon dépend de la surface de braise offerte au regard et de la hauteur à laquelle elle se trouve, pas du poids de l’appareil ni de l’épaisseur de sa tôle.
Un foyer large et bas envoie son rayonnement vers les jambes des personnes assises autour. Un foyer étroit et haut l’envoie surtout vers les visages et le ciel. À masse de bois égale, le premier réchauffe six personnes et le second en réchauffe deux. C’est le seul arbitrage géométrique de tout le sujet, et il n’apparaît dans presque aucun avis.
Si vous montez la zone de vie autour du foyer en même temps que le reste, l’ordre dans lequel ces décisions se prennent est détaillé dans l’article sur l’implantation d’une cuisine d’été et son plan : le foyer se place avant les assises, jamais l’inverse.
Sur ce que propose le marché, les braseros en acier autopatinable donnent une bonne idée des diamètres et des hauteurs disponibles — regardez d’abord ces deux cotes, avant la finition.
Schéma interactif
Qui reçoit la chaleur ? Trois foyers, trois personnes autour
Changez la géométrie du foyer : les rayons se redessinent. Puis cochez « terrasse exposée au vent ».
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La géométrie la plus efficace pour un cercle d'assises
Toute la braise est visible et le rayonnement part dans toutes les directions horizontales, vers les jambes des personnes assises. Le revers : c'est aussi la plus dépensière en bois, puisque rien ne concentre la combustion.
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Sur une terrasse exposée, elle devient le mauvais choix
Le feu s'emballe, la consommation double et les braises voyagent.
Défendable au vent, décevante autour d'une table basse
Elle protège du vent et brûle plus lentement, mais elle envoie l'essentiel de son rayonnement vers le haut : la braise cachée derrière la paroi ne rayonne pas vers vous.
Avec du vent, elle reprend l'avantage
Malgré un rayonnement moins généreux. C'est le seul cas où l'on paie plus cher pour chauffer moins, et c'est justifié. Un pare-étincelles cylindrique joue le même rôle.
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La configuration des soirées apéritif, pas des soirées longues
La braise monte à hauteur du buste : meilleur confort pour les personnes debout, moins bon pour les personnes assises.
La configuration des soirées apéritif, pas des soirées longues
La braise monte à hauteur du buste : meilleur confort pour les personnes debout, moins bon pour les personnes assises.
La surface de braise, le seul chiffre qui décide de la chaleur reçue
Voilà le paramètre à relever sur une fiche produit, et il ne s’y trouve jamais sous ce nom.
La surface de braise, c’est l’aire du lit de charbons rouges vue depuis votre chaise. Elle dépend du diamètre intérieur du foyer, mais aussi de sa profondeur : une vasque profonde cache ses braises derrière une paroi, et ce qui est caché ne rayonne pas vers vous. Deux braseros de même diamètre peuvent donc offrir des rayons utiles très différents.
Trois configurations reviennent.
La vasque peu profonde et large. Toute la braise est visible, le rayonnement part dans toutes les directions horizontales. C’est la géométrie la plus efficace pour un cercle d’assises, et la plus dépensière en bois, puisque rien ne concentre la combustion.
La vasque profonde à parois hautes. Elle protège du vent, elle brûle plus lentement, et elle envoie l’essentiel de son rayonnement vers le haut. Sur une terrasse exposée, c’est un choix défendable ; autour d’une table basse, c’est un choix qui déçoit.
Le foyer surélevé sur pied. Il rapproche la braise de la hauteur du buste, ce qui améliore le confort des personnes debout et dégrade celui des personnes assises. C’est la configuration des soirées apéritif, pas des soirées longues.
Le diamètre, lui, se choisit sur le nombre d’assises et pas sur la surface de la terrasse. Un foyer trop grand pour trois personnes brûle pour le jardin, et un foyer trop petit pour huit ne réchauffe que la moitié du cercle.
Calculateur — le consommable qu'on oublie de chiffrer
Ce que votre brasero brûle en une soirée
Aucune valeur n'est imposée ici : comptez vos bûches sur une vraie soirée et entrez vos chiffres. Les valeurs de départ sont des ordres de grandeur, pas des mesures — et elles sont toutes ajustables, y compris le poids d'une bûche.
Ce qui fait baisser la ligne
Acier corten, fonte ou inox : la tenue dehors
Le débat des matières est celui qui occupe tous les avis, et il est presque toujours mal posé. On y compare des résistances à la corrosion là où la vraie question est : à quoi ressemblera cet objet dans cinq ans, et qu’aura-t-il fait à ma terrasse.
L’acier autopatinable, souvent appelé corten du nom d’une marque devenue générique, fabrique volontairement sa propre rouille. La couche d’oxyde qui se forme en surface est dense et adhérente, et elle protège le métal en dessous au lieu de le ronger. Un brasero de ce type rouille, c’est normal, c’est même le principe — et il ne perd presque rien de son épaisseur pendant des années.
Son défaut ne concerne pas l’appareil mais le sol. Pendant deux à trois ans, l’eau de pluie qui ruisselle dessus emporte des oxydes et marque durablement une dalle claire, un béton désactivé ou une lame de bois. Sur un gravier ou une pelouse, personne ne le remarque. Sur une terrasse neuve, c’est un regret permanent.
La fonte joue sur l’inertie. Elle met plus longtemps à monter en température et continue de restituer de la chaleur après l’extinction, ce qui prolonge agréablement la fin de soirée. Elle est aussi lourde, et ce poids décide de choses très concrètes : on ne la rentre pas seul, on ne la déplace pas pour tondre, on ne la monte pas sur un balcon.
L’inox a un argument unique et souvent décisif : il ne tache rien. Sur une terrasse claire, c’est parfois la seule matière acceptable. Sa faiblesse n’est pas la corrosion mais l’épaisseur : les tôles minces se déforment sous les cycles de chauffe, et une vasque gondolée ne repose plus à plat.
Frise — le même brasero, des années plus tard
Corten, fonte ou inox : qui vieillit comment
Trois matériaux se ressemblent en rayon et ne se ressemblent plus du tout à trois ans. Tirez le curseur : les trois colonnes avancent dans le temps en même temps.
Ce qui décide, une fois la matière choisie
Idéal pour : Un foyer posé sur gravier, pelouse ou dalle foncée, qui doit durer
Brasero de jardin en acier autopatinable
- La patine protège au lieu de ronger : l'épaisseur de tôle bouge très peu sur dix ans
- Aucun entretien de surface à prévoir, ni peinture ni traitement
- Les grandes tôles permettent des vasques larges et peu profondes, la meilleure géométrie de rayonnement
Le défaut : Il tache. Pendant les deux ou trois premières années, le ruissellement marque durablement une dalle claire ou une lame de bois, et ces traces ne partent pas au nettoyeur. Sur une terrasse neuve et claire, c'est un motif suffisant pour choisir une autre matière.
Budget indicatif
150 à 600 € selon le diamètre, à titre indicatif
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Le bois brûlé sur une soirée : ce que ça coûte à l’usage
C’est la ligne absente de tous les comparatifs, et c’est la seule qui revient chaque année.
Un brasero n’a ni consommation électrique ni bouteille à remplacer, ce qui donne l’impression d’un appareil sans coût d’usage. L’impression est fausse : le consommable part en fumée sous vos yeux, à raison de plusieurs kilos par heure de feu entretenu.
Le calcul honnête ne part pas d’une spécification de fabricant — aucune n’existe pour un foyer ouvert — mais de ce que vous faites réellement. Comptez les bûches que vous ajoutez en une heure sur une vraie soirée, multipliez par la durée et par le poids d’une bûche. Vous obtenez un nombre de kilos, puis un nombre de soirées dans un stère, puis un budget de saison.
L’essence compte moins qu’on ne croit sur la facture. Un feuillu tendre coûte moins cher au stère mais brûle plus vite : vous rechargez deux fois plus souvent, et l’écart se referme presque entièrement. Ce qui compte vraiment, c’est le taux d’humidité. Un bois mal séché chauffe moins — une partie de l’énergie part à évaporer l’eau — et fume énormément. L’ADEME rappelle que le chauffage au bois mal conduit pèse lourd dans les émissions de particules fines et recommande de ne brûler que du bois bien sec.
Un point qui ne souffre aucune ambiguïté : un brasero n’est pas un incinérateur. Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit, et les tailles de haie, feuilles mortes et planches traitées n’ont rien à faire dans un foyer de terrasse — pour des raisons sanitaires autant que de bon voisinage. Des dérogations préfectorales existent dans certains départements, mais elles concernent le brûlage agricole ou les zones sans collecte, pas la soirée du samedi.
Le lien avec le voisinage est direct, et il est traité en détail dans l’article sur la réglementation du barbecue et le voisinage : ce qui déclenche les conflits n’est presque jamais le feu lui-même, c’est la fumée.
Idéal pour : Savoir si le bois livré est réellement sec avant de le brûler
Humidimètre pour bois de chauffage
- Agit sur les deux tableaux à la fois : plus de chaleur reçue, beaucoup moins de fumée
- Permet de contester une livraison annoncée sèche et qui ne l'est pas
- Coûte moins qu'un demi-stère et sert à chaque réapprovisionnement
Le défaut : La mesure ne vaut que faite sur une bûche fraîchement fendue, en plein cœur : prise sur la face extérieure d'une bûche restée au soleil, elle donne un chiffre flatteur et faux. C'est l'erreur que font la plupart des acheteurs le jour de la livraison.
Budget indicatif
15 à 40 € selon le modèle, à titre indicatif
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Cuire sur un brasero : la couronne, famille par famille
Beaucoup de modèles proposent aujourd’hui une couronne de cuisson — un anneau d’acier épais qui ceinture le foyer et sert de plaque. C’est ce qui fait entrer le brasero dans le champ de ce site, et cela mérite d’être jugé pour ce que c’est.
La couronne chauffe par conduction depuis le feu central. La conséquence est immédiate : elle est brûlante côté intérieur et tiède côté extérieur, ce qui crée un dégradé permanent sur quelques centimètres. Bien utilisé, ce dégradé est un avantage — on saisit au bord du feu, on garde au chaud à l’extérieur.
Ce que la couronne ne sait pas faire, c’est tenir une consigne. Sa température dépend du feu, le feu dépend de ce qu’on vient d’y jeter, et rien ne régule. Toute cuisson qui demande une température stable sur la durée reste du ressort d’un appareil fermé — et les repères à cœur, eux, ne s’improvisent jamais : ils sont traités là où ils doivent l’être, dans l’article sur la température de cuisson du brisket, avec le rappel qu’ils ne remplacent pas les recommandations sanitaires officielles.
Trois familles de couronnes circulent. Celle en acier épais, qui met longtemps à chauffer et tient sa chaleur, et qui se culotte comme une plancha. Celle en tôle mince, qui monte vite, refroidit vite et se voile. Et la grille amovible posée au-dessus du foyer, qui n’est pas une couronne mais un gril, avec les projections de graisse dans les braises que cela suppose.
Le choix du combustible change tout ici. Une cuisson sur braise demande un lit stable, ce qu’un feu de flammes ne donne jamais — c’est exactement le raisonnement développé dans quel charbon de bois choisir, et il s’applique mot pour mot à un brasero équipé pour cuire.
Idéal pour : Saisir et garder au chaud devant les invités, sans second appareil
Couronne de cuisson en acier épais pour brasero
- Le dégradé de température naturel permet de saisir et de réserver sur la même plaque
- L'acier épais se culotte et devient antiadhésif avec les cuissons
- Transforme un foyer d'agrément en surface de cuisson sans rien ajouter au sol
Le défaut : Elle ne régule rien : sa température suit le feu, et le feu suit ce qu'on vient d'y jeter. Toute cuisson qui demande une consigne stable est hors de sa portée, et le nettoyage se fait à chaud, penché au-dessus des braises — ce qui n'est ni confortable ni sans risque.
Budget indicatif
80 à 300 € selon le diamètre, à titre indicatif
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Le cas où la réponse s’inverse : balcon, vent, terrasse en bois
Trois situations retournent complètement les conclusions précédentes.
La terrasse en bois. Un foyer ouvert projette des braises et rayonne vers le bas par sa vasque. Une lame de bois sèche placée dessous accumule de la chaleur d’un feu à l’autre, et le pare-étincelles ne règle que les projections. Il faut soit un modèle sur pieds hauts avec une plaque de protection au sol, soit une dalle minérale posée sous l’appareil. Le choix de cette dalle rejoint les questions de surface traitées dans le plan de travail d’une cuisine extérieure : c’est la même famille de matériaux, avec la même exigence de tenue au choc thermique.
Le vent dominant. Sur une terrasse exposée, la vasque peu profonde et large devient le mauvais choix : le feu s’emballe, la consommation double et les braises voyagent. Une vasque profonde ou un pare-étincelles cylindrique reprennent alors l’avantage, malgré leur rayonnement moins généreux. C’est le seul cas où l’on paie plus cher pour chauffer moins, et c’est justifié.
Le balcon. Ni acier, ni fonte, ni inox : la question n’est pas la matière mais le règlement de copropriété et la distance aux façades et aux garde-corps. Beaucoup d’immeubles interdisent tout feu ouvert, et la fumée d’un foyer en hauteur entre directement chez les voisins du dessus. Sur ce terrain, un appareil fermé ou électrique reste la seule option raisonnable.
La sécurité du foyer : distances, sol et stockage du bois
Un brasero est le seul appareil de ce site qui brûle à l’air libre, sans paroi ni couvercle entre les braises et ce qui l’entoure. Cela déplace la question de la sécurité du terrain culinaire vers celui du bâtiment, et trois points en relèvent franchement.
Les pièges du rayon brasero, et ce qui ne se paie pas
Quatre dépenses reviennent, et trois d’entre elles n’améliorent rien.
Le très grand diamètre acheté « pour voir large ». Un foyer surdimensionné pour le nombre réel d’assises brûle du bois pour le jardin. Le surcoût est double : à l’achat, puis chaque soirée, indéfiniment. C’est le piège le plus coûteux de la catégorie, et il ne ressemble pas à une erreur au moment où on le commet.
La nuance d’acier mise en avant comme argument technique. Sur un foyer ouvert, ce qui décide de la durée de vie est l’épaisseur et le fait d’être vidé et couvert, pas la référence de la tôle. Une tôle épaisse ordinaire, bâchée, survivra à une tôle fine de nuance prestigieuse laissée pleine d’eau.
Les accessoires décoratifs vendus avec. Anneaux de suspension, trépieds à marmite, plaques ajourées : ils servent une ou deux fois. Le budget est mieux placé dans une housse et dans du bois sec.
À l’inverse, une dépense injustement négligée : la housse, et le geste gratuit qui l’accompagne. Ce qui abîme un brasero n’est pas la pluie qui tombe dessus mais l’eau qui stagne au fond avec les cendres — un mélange qui retient l’humidité en permanence et attaque par le bas, y compris l’inox. Vider après chaque feu, puis couvrir : ce sont les deux gestes qui décalent le vieillissement de plusieurs années, et c’est le même raisonnement que celui développé pour l’hivernage et l’entretien d’un barbecue.
Idéal pour : Décaler le vieillissement de plusieurs années, quelle que soit la matière
Housse de brasero imperméable et respirante
- Le seul achat qui améliore les trois matières à la fois
- Empêche le remplissage du foyer par la pluie, qui est le vrai mécanisme de dégradation
- Coûte une fraction de l'appareil et se remplace sans discussion quand elle fatigue
Le défaut : Une housse totalement étanche et non respirante fait pire que rien : elle enferme l'humidité et transforme le foyer en cloche. Et posée sur un brasero encore tiède, elle fond sur le métal — ce qui arrive à peu près une fois à tout le monde.
Budget indicatif
25 à 80 € selon le diamètre, à titre indicatif
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Idéal pour : Prolonger la chaleur après extinction, sur un emplacement fixe
Brasero en fonte à forte inertie
- Restitue de la chaleur longtemps après que les flammes sont tombées
- La masse encaisse les cycles de chauffe sans se déformer, contrairement aux tôles minces
- Ne bouge pas d'un coup de vent, ce qui compte sur une terrasse exposée
Le défaut : Le poids interdit de la déplacer seul : elle décide de son emplacement pour de bon, et il faut donc avoir raison du premier coup. Les zones qui ne chauffent jamais piquent de rouille dès le premier hiver dehors, ce qui rend l'aspect hétérogène au bout de deux saisons.
Budget indicatif
200 à 700 € selon la taille, à titre indicatif
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Dans cinq ans, ce qu’il reste de chacun
Projetons, parce que c’est le seul horizon qui distingue vraiment ces appareils.
Le brasero en acier autopatinable aura une patine brune stabilisée, une épaisseur quasi intacte, et il ressemblera beaucoup à ce qu’il était à trois ans. La terrasse en dessous, elle, aura gardé la trace de ses deux premières années — et c’est elle qu’on regardera, pas lui.
Celui en fonte sera hétérogène : culotté et protégé là où il a chauffé, piqué là où il n’a jamais eu chaud. Il fonctionnera parfaitement. Il sera simplement devenu un objet qu’on ne montre plus.
Celui en inox aura perdu son brillant dès la première saison et aura probablement gondolé si sa tôle était mince. C’est la famille dont l’écart entre l’aspect neuf et l’aspect à cinq ans est le plus grand, et donc celle qui déçoit le plus souvent.
Une chose sera vraie des trois : celui qui aura été vidé après chaque feu et couvert l’hiver aura l’air d’avoir la moitié de son âge. Le geste pèse plus que la matière, il ne coûte rien, et aucun comparatif ne le met en avant parce qu’il ne se vend pas.
Et une question restera ouverte, que ce format d’appareil ne tranchera jamais : un brasero posé est un objet qu’on déplace, qu’on range et qu’on finit par ne plus sortir. Beaucoup de propriétaires arrivent, deux ou trois étés plus tard, à la même conclusion — un foyer intégré à la terrasse, qui ne se bâche pas, ne tache rien et ne se décide qu’une fois. C’est un autre projet, un autre budget, et il commence par le plan.
Questions fréquentes
- Un brasero extérieur chauffe-t-il vraiment une terrasse ?
- Il chauffe par rayonnement, ce qui n'a rien à voir avec un chauffage d'appoint. Un rayonnement ne réchauffe pas l'air : il réchauffe les surfaces qu'il atteint en ligne droite, votre visage et vos jambes tournés vers le foyer. Vous aurez chaud devant et froid derrière, et cela ne dépend d'aucun réglage. La conséquence pratique est que le confort tient à la géométrie plus qu'à la puissance : un grand foyer bas réchauffe mieux un cercle de six chaises qu'un petit foyer haut, et un brasero placé contre un mur perd la moitié de son rayonnement dans la maçonnerie.
- Combien de bois consomme un brasero par soirée ?
- Cela dépend du diamètre du foyer et de l'intensité que vous entretenez, et c'est le poste que les comparatifs ne chiffrent jamais. L'ordre de grandeur se construit simplement : comptez les bûches que vous ajoutez réellement en une heure, multipliez par la durée du feu et par le poids d'une bûche. Sur un foyer de taille moyenne entretenu trois heures, on tombe couramment dans une dizaine de kilos de bois, soit plusieurs dizaines de soirées dans un stère. Ramené à une saison d'une vingtaine de feux, le combustible représente une ligne annuelle qui mérite d'être posée avant l'achat.
- Acier corten, fonte ou inox : quelle matière choisir ?
- Aucune des trois n'est meilleure dans l'absolu, et la réponse se décide sur le sol de votre terrasse. L'acier autopatinable fabrique une couche d'oxyde protectrice et tient très longtemps, mais il tache durablement une dalle claire ou une lame de bois pendant ses deux ou trois premières années. La fonte apporte de l'inertie et restitue la chaleur après extinction, au prix d'un poids qui interdit de la déplacer seul. L'inox ne tache rien, ce qui est son vrai argument, mais les tôles fines gondolent sous les cycles de chauffe.
- Peut-on poser un brasero sur une terrasse en bois ?
- Pas directement, et c'est la question qui devrait ouvrir tous les comparatifs. Un foyer ouvert projette des braises et rayonne vers le bas par sa vasque ; une lame de bois sèche placée dessous accumule de la chaleur d'un feu à l'autre. Il faut soit un modèle sur pieds hauts avec plaque de protection au sol, soit une dalle minérale posée sous l'appareil, soit renoncer. Le pare-étincelles règle les projections mais pas le rayonnement descendant. En cas de doute sur la structure ou sur la distance aux façades, faites valider par un professionnel avant le premier feu.
- La fumée d'un brasero pose-t-elle un problème de voisinage ?
- C'est le premier motif de conflit, avant le bruit. La fumée d'un foyer ouvert dépend presque entièrement de l'humidité du bois : un bois sec dégage peu de fumée visible, un bois humide en dégage énormément et transporte des composés dont l'ADEME rappelle qu'ils pèsent lourd dans les particules fines. Un brasero brûlant du bois sec, allumé tôt et jamais alimenté de déchets verts, reste en général acceptable. Les règlements sanitaires départementaux et les arrêtés municipaux peuvent toutefois encadrer les feux en extérieur : renseignez-vous en mairie.
- Faut-il une housse pour un brasero laissé dehors ?
- C'est l'achat qui améliore le plus toutes les matières à la fois, pour une fraction du prix de l'appareil. Ce qui abîme un brasero laissé dehors n'est pas la pluie qui tombe dessus mais l'eau qui stagne dans le fond, mélangée aux cendres. Ce mélange retient l'humidité en permanence, attaque la tôle par le bas et pique même l'inox. Le geste décisif est donc double : vider les cendres après chaque feu, puis couvrir. Un brasero vidé et bâché vieillit environ deux fois moins vite qu'un brasero laissé plein sous la pluie.
- Un brasero avec couronne de cuisson remplace-t-il un barbecue ?
- Il complète, il ne remplace pas. La couronne en acier qui ceinture le foyer chauffe par conduction depuis le feu central, ce qui donne une plaque très chaude près des flammes et tiède au bord — utile pour saisir, garder au chaud et cuire en petites quantités devant les invités. Ce qu'elle ne sait pas faire, c'est tenir une température stable et modérée sur une longue durée. Pour toute cuisson qui demande une consigne suivie, un appareil fermé reste indispensable, et un thermomètre à sonde davantage encore.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je cuisine dehors toute l'année, y compris en février, et j'ai fait à peu près toutes les erreurs possibles avant d'écrire quoi que ce soit : le premier barbecue posé au mauvais endroit du jardin, la cuisine d'été chiffrée sans penser à l'évacuation, le brisket sorti trop tôt. Ce site rassemble ce que j'ai testé, mesuré au thermomètre et fait chiffrer. Je ne suis ni cuisinier professionnel ni maçon : dès qu'on touche à la structure, au gaz ou à l'électricité, je renvoie à quelqu'un dont c'est le métier.
- Je teste avant d'écrire, ou je dis clairement que je n'ai pas testé.
- Je nomme ce qui ne vaut pas son prix, y compris quand ça se vend très bien.
- Les températures sont données au thermomètre, jamais au ressenti.
- Structure, gaz, électricité : je m'arrête et je renvoie à un professionnel.
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