« Il paraît qu’il faut trois mètres. » La phrase revient dans toutes les conversations de clôture, avec une variante à cinq mètres et une autre à dix, chacune énoncée avec la même assurance.
Aucune ne renvoie à un texte. Il n’existe pas de règle nationale fixant une distance entre un barbecue et la limite de propriété — et pourtant, dans le même temps, un voisin excédé par une fumée quotidienne n’est pas démuni du tout.
Les deux affirmations sont vraies ensemble. C’est ce qui rend le sujet confus, et c’est aussi ce qui explique pourquoi la bonne question n’est pas celle que tout le monde pose.
L’idée reçue : « il y a une distance légale », et d’où elle vient
Elle est solide parce qu’elle est rassurante. Une distance chiffrée, c’est une règle qu’on peut respecter et opposer : je suis à trois mètres, je suis en règle, la conversation est close.
Le problème est que ce chiffre n’existe pas pour un barbecue, et qu’aucune des personnes qui le citent ne pourrait dire d’où il sort. Sa persistance a probablement trois sources, qui se mélangent.
La première est la confusion avec d’autres distances, celles-là bien réelles, qui régissent les plantations, les constructions ou certains ouvrages. Le voisinage est un domaine où des distances existent — simplement pas pour la cuisson.
La deuxième est le brûlage des déchets verts, qui fait l’objet d’interdictions réelles et de dérogations locales étroites. Beaucoup de ce qu’on croit s’appliquer au barbecue vient en fait de là, ou des arrêtés pris en période de sécheresse sur les feux à l’air libre. Ce sont deux sujets distincts, et un barbecue n’a jamais été un moyen légal de brûler des déchets.
La troisième est la plus intéressante : les gens ont l’intuition que quelque chose existe, et cette intuition est juste. Elle porte simplement sur autre chose que sur une distance.
Ce que cette croyance a de juste
Un voisin excédé n’est pas sans recours, et il serait malhonnête de conclure « aucune distance, donc aucune contrainte ».
Le trouble anormal de voisinage est une notion bien établie. Elle ne repose sur aucun mètre, mais sur une appréciation : la gêne dépasse-t-elle les inconvénients ordinaires qu’implique le fait d’habiter à côté de quelqu’un ? Le mot qui porte tout est « anormal ». Quelques grillades dans un été n’y entrent pas ; une fumée quotidienne dirigée pendant des mois vers les fenêtres d’en face peut y entrer. Fréquence, intensité, durée et contexte comptent — un jardin de centre-ville et une maison isolée ne sont pas regardés de la même façon.
Et les règles locales existent. Un arrêté municipal ou préfectoral peut poser des contraintes, en particulier sur les feux et en période de sécheresse. Un règlement de lotissement peut encadrer ce qu’on installe et où. Un règlement de copropriété interdit fréquemment le barbecue sur les balcons, parfois tout appareil à flamme vive, parfois seulement le combustible solide.
Autrement dit, l’intuition du voisin est bonne, et sa formulation est fausse. Il n’y a pas de distance ; il y a un cadre, et il est local.
Barbecue et voisinage : ce que la réglementation dit réellement
Le réflexe utile n’est donc pas de chercher un chiffre en ligne, mais d’aller lire trois documents. Ils tiennent en une matinée, et ils s’appliquent à votre adresse plutôt qu’à une moyenne nationale.
L’arrêté municipal ou préfectoral d’abord. Il se demande en mairie, et c’est là qu’on apprend si la commune encadre les feux, à quelles périodes, et sous quelles conditions. C’est aussi la source qui bouge le plus, notamment l’été.
Le règlement de lotissement ensuite, si vous êtes dans un lotissement. Il figure dans les pièces remises à l’achat, et il peut encadrer les constructions annexes — ce qui concerne directement un foyer maçonné.
Le règlement de copropriété enfin, à demander au syndic. C’est le document le plus souvent décisif en appartement, et le plus souvent ignoré avant l’achat d’un appareil.
Une précision d’honnêteté, parce qu’elle vaut mieux qu’une fausse assurance : ce site ne donne pas de conseil juridique et ne cite volontairement aucun texte avec sa référence. Ces documents diffèrent d’une commune et d’une résidence à l’autre, ils évoluent, et une citation approximative serait pire qu’une absence de citation. Si un litige est déjà engagé, c’est un professionnel du droit qu’il faut consulter, pas un article.
Parcelle vue du dessus — cliquez un repère
Ce qui se joue, et où
Aucune distance légale n'est indiquée ici, pour une raison simple : il n'en existe pas de nationale pour un barbecue. Ce que porte ce schéma, ce sont les six repères d'aménagement qui décident réellement de la gêne — et, pour chacun, ce qu'on peut y faire.
Choisissez un repère
Chaque repère porte ce qui s'y joue et ce qu'on peut y faire. Aucun ne porte de distance réglementaire : pour l'arrêté municipal et le règlement de lotissement ou de copropriété, la source est votre mairie et votre syndic, pas un site.
Mon conseil : parcourez les six repères avant de saisir votre configuration. Celui qui surprend le plus est l’écran — on l’imagine décisif, il arrive en réalité en dernier, parce qu’il n’arrête pas une fumée qui monte.
Schéma interactif
Dans quel ordre vérifier : les textes locaux, puis la gêne
Cochez ce qui vaut chez vous : le chemin s'allume jusqu'à la case qui vous concerne.
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Schéma de lecture, pas un conseil juridique : les documents locaux diffèrent d'une commune et d'une résidence à l'autre.
Le chiffre existe, et il s'impose à vous
Si votre règlement de lotissement ou de copropriété fixe une distance, toute la discussion sur l'absence de règle nationale n'y change rien : ces documents peuvent être plus restrictifs que le droit commun, c'est leur fonction. En appartement, beaucoup de règlements interdisent le barbecue sur les balcons, parfois tout appareil à flamme vive.
L'arrêté s'applique, même à un foyer bien placé
Un arrêté municipal ou préfectoral en vigueur, sur les feux ou sur une période de sécheresse, s'applique quelle que soit la qualité de votre implantation. C'est la source qui bouge le plus, notamment l'été, et la mairie est la seule source à jour. Un foyer ouvert y est visé en priorité.
Le vrai terrain du litige : le trouble anormal de voisinage
Il ne suppose aucune distance, mais une gêne répétée qui dépasse les inconvénients ordinaires. Deux réponses, dans l'ordre : en parler, hors du moment où ça fume et sans brandir de texte ; puis traiter la fumée par l'aménagement — orientation, vent observé chez soi, allumage, gras, et l'écran en dernier. Du bois sec et une cheminée d'allumage suppriment l'essentiel du panache des dix premières minutes ; un bac de récupération évite la fumée odorante du gras sur la braise.
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Aucun texte ne vous impose de distance
Quelques grillades dans un été n'entrent pas dans le trouble anormal. Mais une implantation ne se rattrape pas une fois maçonnée : parlez au voisin avant de construire, et décidez de l'orientation au moment du plan. C'est le levier le moins cher — gratuit avant le chantier, très coûteux après.
Ce qui se passe quand on s’en tient au bon droit
Voilà le scénario qui se répète, et il mérite d’être raconté parce qu’il finit mal pour tout le monde.
Le propriétaire vérifie qu’aucun texte ne lui impose de distance. Il en conclut, logiquement, qu’il est libre. Il installe son foyer là où c’était le plus pratique — souvent près de la cuisine, donc près de la maison, donc près de la clôture sur une parcelle étroite. Et il oppose ce raisonnement au premier voisin qui vient s’en plaindre.
Trois choses en découlent. La première est que le voisin, sur le fond, ne conteste pas la légalité : il conteste la fumée. Le droit ne répond donc pas à sa question, et la conversation s’enlise. La deuxième est que le trouble anormal de voisinage, lui, ne se soucie pas de l’absence de distance réglementaire — il regarde la gêne. La troisième est la plus coûteuse : à ce stade, le foyer est maçonné.
C’est là que ça se complique, parce qu’une implantation ne se rattrape pas. Un appareil mobile se déplace ; un module maçonné, une dalle, une arrivée d’eau et une alimentation électrique ne se déplacent pas sans démolir. La question de l’emplacement se règle au moment du plan, et le plan d’implantation d’une cuisine d’été place d’ailleurs la cuisson en premier pour cette raison précise.
Un mot sur ce qui marche vraiment, à ce stade, et ce n’est pas un produit : parler au voisin avant de construire. Non par politesse, mais parce que c’est la seule action qui traite la cause. Une implantation discutée en amont ne devient presque jamais un conflit, et la conversation apporte souvent une information qu’aucun plan ne donne — de quel côté sont les chambres, à quelle heure la terrasse d’en face est occupée.
Ce qui décide vraiment : l’orientation, l’allumage, l’écran
Une fois admis que le droit ne règle pas la fumée, il reste à la régler. Les leviers ne se valent pas, et l’ordre dans lequel on les emploie compte plus que le budget qu’on y met.
L’orientation vient en premier, et de très loin. Décaler le foyer hors de l’axe des ouvertures d’en face change plus de choses que n’importe quel équipement. C’est aussi le levier le moins cher — gratuit avant le chantier, très coûteux après.
Le vent dominant vient ensuite, et il s’observe. Un jardin clos, une haie, un mur de maison créent des mouvements d’air locaux qui n’ont rien à voir avec la rose des vents de la région. Le feu d’essai à plusieurs moments de la journée reste la meilleure méthode, et c’est celle qui m’a fait déplacer mon propre foyer.
Le combustible et l’allumage arrivent en troisième. L’allumage est le moment où l’on fume le plus, et c’est le panache blanc des dix premières minutes qu’on voit de chez le voisin. Du bois réellement sec et une cheminée d’allumage suppriment l’essentiel de ce panache. Le choix du combustible pèse aussi : le charbon de bois n’a pas tous les mêmes qualités de combustion, et un charbon qui fume beaucoup à l’allumage se remarque de loin.
Le gras qui tombe sur la braise vient après, et il produit la fumée la plus odorante — celle qui provoque les remarques, davantage que celle qui salit. Un bac de récupération, une grille tenue propre et un peu de hauteur entre la braise et les aliments suffisent le plus souvent. C’est vrai des appareils à flamme aussi : une plancha au gaz ou électrique fume dès qu’on laisse le gras cuire sur la plaque, et le raclage régulier vers le bac fait toute la différence entre une odeur de cuisine et une odeur de friture qui monte à l’étage.
L’écran arrive en dernier, et c’est le classement qui surprend. Un écran ne bloque pas une fumée qui monte. Ce qu’il fait — et ce n’est pas rien — c’est casser les turbulences basses qui rabattent la fumée au sol, et éloigner visuellement le foyer. Un écran ajouré fait d’ailleurs mieux qu’un mur plein, qui crée derrière lui une zone de recirculation.
Idéal pour : Casser les turbulences basses et éloigner visuellement le foyer
Claustra ou brise-vue ajouré de jardin
- L'ajouré ralentit l'air sans créer la zone de recirculation d'un mur plein
- Installation réversible, contrairement à une haie ou à un muret
- Sépare visuellement les deux terrains, ce qui compte dans une relation de voisinage
Le défaut : Il n'arrête pas une fumée qui monte, et c'est pourtant ce qu'on attend de lui en l'achetant. Posé à la place de l'orientation plutôt qu'en complément, il ne change presque rien — et il coûte bien plus cher qu'un déport de deux mètres décidé au moment du plan.
Budget indicatif
60 à 300 € le panneau selon la matière
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Idéal pour : Supprimer le panache blanc des dix premières minutes
Cheminée d'allumage
- Le charbon monte en température sans produire la fumée d'un allumage à plat
- Supprime l'allume-feu liquide et son odeur, qui est la vraie source de plaintes
- Braises prêtes en une vingtaine de minutes, régulières d'un bout à l'autre
Le défaut : Elle devient brûlante sur toute sa hauteur et se manipule avec un gant, ce que sa poignée plastique laisse mal deviner. Et les modèles en acier fin se déforment en une saison ou deux : c'est un objet où la tôle épaisse se paie et se rentabilise.
Budget indicatif
20 à 45 €
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Idéal pour : Éviter la fumée odorante du gras tombé sur la braise
Bac de récupération des graisses
- Supprime la source de fumée qui provoque le plus de remarques
- Rend le nettoyage de fin de cuisson nettement plus rapide
- Se vide et se remplace sans démonter l'appareil
Le défaut : Il ne sert à rien s'il n'est pas vidé : un bac plein reprend feu comme le reste, et c'est même la configuration la plus désagréable. Les modèles jetables en aluminium mince se percent à la première manipulation à chaud.
Budget indicatif
10 à 30 €
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Idéal pour : Vérifier qu'un bois est réellement sec avant de le brûler
Testeur d'humidité pour le bois
- Un bois humide fume abondamment : c'est la cause la plus évitable du panache
- Sert aussi à ne pas payer du bois vendu sec qui ne l'est pas
- Lecture immédiate, sur une bûche fendue plutôt qu'en surface
Le défaut : La mesure ne vaut que sur une face fraîchement fendue : prise sur l'écorce ou sur un bout resté au soleil, elle donne un chiffre flatteur et faux. Et les modèles à deux pointes s'usent, ce qui fait dériver la lecture sans prévenir.
Budget indicatif
15 à 40 €
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Idéal pour : Un voisinage serré, où le panache visible pose plus de problème que l'odeur
Appareil à gaz, en famille d'appareil
- Pas de panache d'allumage : c'est lui qu'on voit depuis la maison d'en face
- Montée en température rapide, donc moins de temps de cuisson à fumer
- Le gras se maîtrise par un bac plutôt qu'en tombant sur la braise
Le défaut : Le gaz ne supprime rien du goût de fumée qu'on cherche au charbon, et il fume malgré tout dès qu'on laisse le gras stagner et brûler sur la plaque. Ce n'est pas une solution au voisinage : c'est un déplacement du problème du panache vers l'odeur.
Budget indicatif
200 à 900 € selon la surface de cuisson
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Sécurité incendie : la seule règle qui ne se négocie pas
Tout ce qui précède parle de gêne. Ce paragraphe parle d’autre chose, et il ne relève pas du même arbitrage.
Un foyer se tient à distance de tout ce qui peut prendre feu : haie sèche, abri de jardin, bois de chauffage stocké, mobilier en résine, façade végétalisée, store. Cette distance-là n’est pas une question de bon voisinage, et elle ne se discute pas contre du confort d’usage. En période de sécheresse, les arrêtés locaux peuvent en outre restreindre ou interdire les feux — c’est le cas de figure où la réponse change d’une semaine à l’autre, et où la mairie est la seule source à jour.
Le cas du balcon mérite d’être isolé. La proximité des façades, des garde-corps et des stores y modifie complètement la nature du risque, et beaucoup de règlements de copropriété interdisent expressément les appareils à flamme vive pour cette raison. Vérifiez le règlement avant d’acheter l’appareil, pas après.
Les appareils à bois demandent une vigilance particulière, parce qu’ils montent plus haut en température et projettent des escarbilles. C’est le point traité dans choisir un four à pizza d’extérieur : un four à bois ne se place ni sous une fenêtre ni contre un mur où la fumée remontera, et cette décision se prend avant la maçonnerie, pas après.
Barbecue, voisinage, réglementation : le cas particulier du foyer ouvert
Un brasero ou un foyer extérieur ouvert change deux choses par rapport à un barbecue fermé, et elles jouent dans le sens d’une vigilance plus stricte, pas d’une exemption.
La première est la projection : sans couvercle ni grille de protection, les escarbilles partent avec le vent plutôt que de retomber dans un foyer clos, et c’est exactement le paramètre que surveillent les arrêtés pris en période de sécheresse — un foyer ouvert y est visé en priorité, avant les appareils fermés à gaz ou à pellets. La seconde est la fumée elle-même : un foyer ouvert ne l’oriente nulle part, elle part dans l’axe du vent du moment, ce qui rend l’observation du vent dominant chez soi encore plus décisive que pour un barbecue orientable.
Le cadre juridique reste identique — pas de distance nationale, un arrêté local et le trouble anormal de voisinage pour seuls repères réels — mais la marge d’erreur est plus faible. Si vous hésitez entre un foyer ouvert et un barbecue fermé pour cette raison précise, notre avis sur le brasero extérieur détaille aussi ce que sa géométrie change au tirage et à la gestion des braises, indépendamment de la question du voisinage.
Le seul cas où la règle du chiffre tient encore
Il existe, et l’ignorer donnerait à cet article une assurance qu’il n’a pas.
Si votre règlement de lotissement ou de copropriété fixe effectivement une distance, alors le chiffre existe, il s’impose à vous, et toute la discussion sur l’absence de règle nationale n’y change rien. Ces documents peuvent être plus restrictifs que le droit commun : c’est leur fonction. Le raisonnement de cet article ne vous autorise jamais à passer outre un texte qui s’applique à votre parcelle.
De la même façon, un arrêté municipal ou préfectoral en vigueur — sur les feux, sur une période de sécheresse — s’applique quelle que soit la qualité de votre implantation. Un foyer parfaitement orienté reste soumis à une interdiction temporaire.
C’est pour cela que l’ordre des vérifications compte : on lit les documents locaux d’abord, on optimise l’aménagement ensuite. L’inverse conduit à concevoir un projet cohérent qu’un texte local vient invalider après coup.
Et si le projet dépasse le simple appareil posé sur une terrasse, la question de l’emplacement se fond dans celle du plan d’ensemble — le guide de l’aménagement d’une cuisine extérieure traite l’ordre dans lequel ces décisions se prennent, et le prix d’une cuisine d’été donne les fourchettes par poste.
Configurateur — 40 secondes
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Mon conseil : si le configurateur vous renvoie un projet avec abri ou hotte, faites chiffrer ce poste séparément. C’est celui où les devis divergent le plus, et c’est aussi celui qu’on découvre le plus souvent sous-dimensionné une fois la première saison passée.
Le voisin, avant le règlement
Ce sujet est l’un des rares où la meilleure action n’a rien de technique et ne coûte rien.
Presque toutes les situations que l’on m’a racontées se sont réglées de la même façon : quelqu’un a fini par en parler. Et presque toutes s’étaient enlisées pour la même raison : personne n’avait rien dit pendant deux saisons, chacun attendant que l’autre s’aperçoive du problème. La fumée qui arrive chez le voisin est rarement une provocation — c’est presque toujours quelqu’un qui ignore où va sa fumée, parce qu’il ne la voit pas depuis chez lui.
Si vous construisez, la conversation se tient avant la dalle. Vous y gagnez une information que votre plan n’a pas — de quel côté sont les chambres, quand la terrasse d’en face est occupée — et vous transformez une décision unilatérale en décision partagée.
Si vous subissez, la conversation se tient hors du moment où ça fume, et sans référence à un texte. Arriver avec une distance légale inexistante est le meilleur moyen de faire basculer une discussion réparable en conflit de principe. Si elle ne donne rien, la conciliation existe, elle est gratuite, et un conciliateur de justice se saisit exactement de ce type de différend.
C’est peu spectaculaire, et c’est ce qui marche. Le reste — l’écran, la hotte, la lettre recommandée — arrive après, et beaucoup trop souvent à la place.
Questions fréquentes
- Barbecue voisinage réglementation : les règles changent-elles pour un foyer ouvert ou un brasero ?
- Le cadre juridique est le même — pas de distance nationale, mais un arrêté local et le trouble anormal de voisinage — mais le risque perçu change. Un foyer ouvert n'a pas d'écran ni de couvercle pour rabattre les étincelles, sa fumée part dans toutes les directions selon le vent plutôt que dans un axe unique, et il est souvent visé en priorité par les arrêtés pris en période de sécheresse, qui s'appliquent aux flammes nues plus largement qu'aux appareils fermés. Un brasero ou un foyer extérieur demande donc la même vérification locale qu'un barbecue, mais avec une vigilance renforcée sur les jours de vent et les périodes d'interdiction de brûlage.
- Un voisin peut-il m'interdire de faire un barbecue ?
- Un voisin n'a aucun pouvoir d'interdiction en lui-même. Ce qu'il peut faire, c'est invoquer le trouble anormal de voisinage, une notion bien établie qui suppose une gêne dépassant les inconvénients ordinaires de la vie en voisinage. Le mot qui compte est « anormal » : quelques grillades dans l'été n'entrent pas dans cette catégorie, une fumée quotidienne dirigée vers les fenêtres d'en face pendant des mois peut y entrer. L'appréciation dépend de la fréquence, de l'intensité, de la durée et du contexte — un jardin de ville et une maison isolée ne sont pas jugés de la même façon. En cas de litige engagé, c'est un professionnel du droit qu'il faut consulter.
- Le barbecue est-il autorisé sur un balcon ?
- Cela dépend entièrement du règlement de copropriété, et beaucoup l'interdisent expressément, souvent pour les appareils à flamme vive ou à combustible solide. Ce document est la source à consulter en premier ; il se demande au syndic, et il figure aussi dans les pièces remises à l'achat. Certains règlements interdisent tout, d'autres tolèrent l'électrique et proscrivent le charbon, d'autres encore ne disent rien — auquel cas la question redevient une question de gêne et de sécurité. Sur un balcon, l'enjeu incendie prime de toute façon sur l'enjeu de voisinage : la proximité des façades, des stores et des garde-corps change complètement la nature du risque.
- Comment réduire la fumée d'un barbecue pour ses voisins ?
- Par ordre d'efficacité, et cet ordre surprend souvent. D'abord l'orientation : décaler le foyer hors de l'axe des ouvertures d'en face fait plus que n'importe quel équipement. Ensuite le vent dominant, qu'on observe chez soi plutôt qu'on ne le suppose. Puis le combustible et l'allumage : du bois réellement sec et une cheminée d'allumage suppriment le panache blanc des premières minutes, celui qu'on voit de loin. Le gras qui tombe sur la braise vient ensuite, et se règle par un bac de récupération et un nettoyage régulier. L'écran arrive en dernier, parce qu'il ne bloque pas une fumée qui monte.
- Puis-je brûler mes déchets verts dans mon barbecue ?
- Non, et c'est une confusion fréquente qui alimente l'idée qu'il existerait une réglementation du barbecue. Le brûlage des déchets verts à l'air libre fait l'objet d'interdictions bien réelles, avec des dérogations locales limitées, et un barbecue n'est pas un moyen légal de contourner cette règle. Ce sont deux sujets distincts : la cuisson d'aliments d'un côté, l'élimination de déchets de l'autre. Une bonne partie des chiffres et des interdictions que l'on croit s'appliquer au barbecue viennent en réalité des arrêtés sur le brûlage et sur les feux en période de sécheresse.
- Que faire si la fumée du voisin me gêne ?
- Commencez par en parler, sans formalisme et hors du moment où ça fume : la très grande majorité des situations se règlent ainsi, parce que la personne d'en face ignore souvent que sa fumée arrive chez vous. Si le dialogue ne donne rien, notez ce qui se passe — dates, fréquence, durée — parce que c'est le caractère répété et anormal qui compte, jamais un épisode isolé. Vérifiez ensuite l'arrêté municipal et le règlement applicable à votre lotissement ou copropriété. La conciliation, gratuite, vient avant toute action, et un conciliateur de justice se saisit précisément de ce type de différend.
- Une hotte ou un abri règlent-ils le problème de fumée ?
- Rarement, et parfois ils l'aggravent. Un foyer placé sous un auvent fermé ou trop bas voit sa fumée stagner puis redescendre au lieu de partir, ce qui augmente la gêne au sol tout en imprégnant la charpente. Une extraction fonctionne, mais elle suppose une conception adaptée : hauteur, section, matériaux, et une évacuation qui ne rejette pas la fumée vers l'ouverture qu'on cherchait à protéger. C'est un poste qui relève d'un professionnel, pas d'un bricolage de week-end, et il vient après l'orientation dans l'ordre des priorités, jamais à sa place.
- La distance de trois mètres pour un barbecue existe-t-elle ?
- C'est le chiffre le plus cité et il ne renvoie à aucune règle générale sur les barbecues. Sa persistance vient probablement de la confusion avec d'autres distances qui existent bel et bien dans d'autres domaines — plantations, constructions, ouvrages — et qui n'ont rien à voir. Un arrêté municipal peut en revanche fixer ses propres contraintes, et un règlement de lotissement ou de copropriété aussi. Autrement dit, la réponse à « quelle distance ? » n'est pas un nombre national : c'est un document local, que vous obtenez en mairie ou auprès de votre syndic, et qui s'applique à votre adresse.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je cuisine dehors toute l'année, y compris en février, et j'ai fait à peu près toutes les erreurs possibles avant d'écrire quoi que ce soit : le premier barbecue posé au mauvais endroit du jardin, la cuisine d'été chiffrée sans penser à l'évacuation, le brisket sorti trop tôt. Ce site rassemble ce que j'ai testé, mesuré au thermomètre et fait chiffrer. Je ne suis ni cuisinier professionnel ni maçon : dès qu'on touche à la structure, au gaz ou à l'électricité, je renvoie à quelqu'un dont c'est le métier.
- Je teste avant d'écrire, ou je dis clairement que je n'ai pas testé.
- Je nomme ce qui ne vaut pas son prix, y compris quand ça se vend très bien.
- Les températures sont données au thermomètre, jamais au ressenti.
- Structure, gaz, électricité : je m'arrête et je renvoie à un professionnel.
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